La Transition Énergétique

Qu’est-ce que la Transition Énergétique ?

La transition énergétique désigne la transformation de fond de notre modèle de production et de consommation énergétique, il s’agit de réaliser un mix énergétique cohérent, pour peu à peu se passer des énergies fossiles. Cette transition n’aboutira que si les consciences se transforment profondément ainsi que les usages, ce qui implique notamment de se tourner vers les énergies renouvelables. Cela impose donc une modification radicale de la politique énergétique en passant d’une approche orientée vers la demande à une politique déterminée par l’offre et en décentralisant progressivement la production.

Utiliser moins et mieux l’énergie pour assurer de façon pérenne le bon fonctionnement de notre économie
— Jean-Louis Schilansky, Président de l’Union Française des Industries Pétrolières — UFIP

La transition énergétique, une impérieuse nécessité pour un nouveau modèle énergétique

Avec pour objectif de diviser par 4 la quantité de Gaz à effet de serre (GES)  d’ici à 2050 en France, le passage vers un nouveau bouquet énergétique trouve naturellement sa place dans la stratégie environnementale du gouvernement. Le concept de la transition énergétique, initié par l’Allemagne et l’Autriche dans les années 1980, a aujourd’hui traversé les frontières et prend une forme concrète avec des mesures à appliquer sans plus attendre. Et pour tous les secteurs consommateurs d’énergie.

La Transition énergétique, perspectives et enjeux en France

Des enjeux multiples : la transition énergétique en France ne concerne pas que l’électricité, mais fait appel à une réduction massive de l’utilisation de l’ensemble des énergies polluantes (telles que les énergies fossiles ou le nucléaire), au profit des énergies renouvelables, applicables à la mobilité, la chaleur et à l’électricité.

Comment gagner en compétitivité, trouver un consensus entre industriels, ONG et pouvoirs publics? Tel est le défi posé par l’actuel Débat National sur la Transition Energétique. Il faut donc inventer un nouveau mode d’utilisation de l’énergie.

  • Aller vers une société sobre en carbone, utiliser moins de pétrole, moins de charbon et moins de gaz naturel pour tendre vers une réduction massive des GES. En clair, il faut mobiliser d’autres ressources énergétiques, et se tourner vers des modes d’énergie encore peu utilisés : l’énergie marine, l’éolien, la biomasse, l’hydro-électricité,  la géothermie, le solaire…
  • Le transport et le bâtiment, à eux deux, cumulent près de 70% des dépenses énergétiques en France, ce qui explique pourquoi ils sont placés comme secteurs prioritaires de la transition énergétique.

Dans le secteur du bâtiment, c’est l’isolation performante qui figure en tête de liste des démarches à mettre en oeuvre. La rénovation thermique des bâtiments est un vaste gisement d’efficacité énergétique, et arrive au premier plan des actions à conduire pour enrayer la précarité énergétique dont souffrent majoritairement les revenus modestes.

Il faut donc trouver des solutions de rénovation thermique efficaces et à des coûts maîtrisés, sans quoi on encourt le risque de rénover massivement  le parc immobilier de manière coûteuse et inefficace par rapport aux seuils exigés.

Conduire et appliquer une politique pour l’emploi efficace et au service de l’économie en mutation: si certains emplois vont disparaitre avec la transition énergétique (principalement dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie fossile ou du nucléaire) d’autres vont émerger, avec un accroissement du besoin, notamment pour assurer le démantèlement des centrales nucléaires,  pour rénover le parc immobilier au plan thermique, pour développer les énergies renouvelables.

En France, le grand Débat National sur la Transition Energétique (DNTE) a démarré le 29 novembre 2012. Ses orientations sont fixées par le Conseil National de la Transition Energétique, composé de 112 personnes représentant 7 Collèges. Il organisera également la formulation des recommandations qui serviront de base à la future loi de programmation pour la transition énergétique. L’enjeu est de définir la politique énergétique française aux horizons 2025 et 2050.

Le rôle central accordé aux citoyens confère toute sa spécificité à ce débat. Le défi environnemental doit en effet être relevé aussi bien aux échelles décisionnelles que personnelles. D’où une mobilisation des régions et collectivités effectuée en parallèle de certaines actions, telles que la journée citoyenne de l’énergie prévue pour le 25 mai 2013. Ces mesures sont censées amener plusieurs centaines de citoyens réunis par panels distincts sur un ensemble de 26 régions, à aborder les enjeux et problématiques de la transition énergétique.

Un Débat national sur la transition énergétique, pour quoi faire?

Promesse du candidat François Hollande lors de la campagne présidentielle, le débat initié en novembre dernier, a pour vocation de précèder la loi de programmation.

Pour respecter ses engagements européens, la France se doit de remplir trois objectifs d’ici à 2020 :

  • diminuer les GES de 20%,
  • faire 20% d’économies d’énergie, et  faire en sorte que la part des énergies renouvelables atteigne 20% de la consommation d’énergie,
  • appliquer la volonté du président de la République, en réduisant la part du nucléaire dans l’énergie (en 2025, passer de 75% à 50%).

L’enjeu consiste à déterminer les opportunités qu’offre la transition énergétique pour les citoyens, les territoires, les acteurs industriels et économiques, et dessiner collectivement et démocratiquement le chemin vers une société sobre en carbone. C’est « l’occasion de prendre acte de l’urgence écologique » (Laurence Tubiana, IDDRI).

Remis au Président de la République en Septembre 2013, les fruits de cette synthèse donneront lieu à une grande loi de programmation sur la Transition Energétique. Elle sera présentée au Parlement à la fin de l’année 2014.

Parmi les grandes mesures issues du débat, la division par deux de la consommation énergétique de la France d’ici 2050 est une des propositions les plus ambitieuses. Elle a été retenue par le Président de la République lors de la 2ème conférence environnementale, comme le nouvel objectif de la France.

Le rôle clé des Certificats d’Economies d’Energie (CEE) dans la transition énergétique

L’Association Technique Energie Environnement (ATEE), le référent technique des éco-actions éligibles aux CEE, a émis 18 propositions pour la transition énergétique, dont un tiers concerne les CEE. D’après Marc Hiégel, le président de l’ATEE, ce dispositif « incite […] à l’utilisation des meilleures solutions techniques de rénovation existantes, par le biais d’une obligation aux fournisseurs d’énergie ». Ces « six propositions visent à simplifier le fonctionnement du dispositif tant dans sa partie administrative que dans le vivier des fiches d’opérations standardisées. Elles pointent aussi la priorité devant être accordée aux actions luttant contre la précarité énergétique et, celle, très importante, de la formation des professionnels du bâtiment. Enfin, deux de ces propositions ouvrent la voie à de nouvelles sources de financement, par des fonds régionaux et par le déblocage anticipé du plan d’épargne entreprise ».

Avec près de 43% de l’énergie nationale consommée, le secteur du bâtiment est le plus énergivore et mérite une attention particulière. Afin d’y remédier, plusieurs plans et réglementations ont été mis en place lors du Grenelle de l’Environnement. Parmi eux, les CEE et le Plan Bâtiment Grenelle. Cela a notamment ouvert la voie à la Réglementation Thermique 2012 visant à diviser par trois la consommation énergétique des constructions neuves. Une structure collective telle que GEO Partager La Croissance (GEO PLC), partenaire des professionnels du bâtiment, contribue à cet effort de long-terme : les experts GEO informent et accompagnent en effet maîtres d’œuvres et maîtres d’ouvrages dans leurs travaux de rénovation et dans leur quête de performance énergétique. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise d’Energie (ADEME) a, par ailleurs, cofinancé des conseillers Espaces Info-Energie et mis en place la Mention « Reconnu Grenelle Environnement » qui permet aux particuliers d’identifier facilement les professionnels les plus compétents.

Afin de lutter contre la précarité énergétique, la priorité reste « la maîtrise (comprendre la diminution) des consommations d’énergie […] La réussite de ce défi pour les 50 prochaines années passe inéluctablement par une réappropriation de la question énergétique au plus près des populations, des acteurs locaux, des territoires [afin de] consommer moins et mieux » (Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce). De plus, tous les acteurs s’accordent à souligner l’importance d’un système incitatif – plutôt qu’obligatoire – afin de fédérer le plus grand nombre autour de la croissance verte. Les CEE, en incitant à la réduction de la consommation énergétique, remplissent précisément ces deux critères et se révèlent des outils financiers particulièrement efficaces au cœur de cette politique énergétique.

La transition énergétique représente donc un enjeu industriel, économique, politique et sociétal majeur. Afin de la mener à bien, il est nécessaire de repenser l’architecture de la politique énergétique, de façon à la rendre plus transversale et à impliquer davantage d’acteurs. Il s’agit d’amener les locaux et les territoires à une réappropriation de la question énergétique, ce que les collectivités sont les plus à-même de réaliser.

La transition énergétique, un moteur de la croissance verte

L’association négaWatt, fondée en 2001, est un groupe d’études, de propositions et d’actions pour une politique énergétique fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétique et un recours plus fréquent aux énergies renouvelables. Elle a publié le 29 mars 2013 un scenario énergétique qui permet un certain optimisme quant aux conséquences de la transition. En effet, d’après négaWatt, 220 000 à 330 000 emplois pourraient être créés à l’horizon 2020. Cette croissance concernerait plus précisément le secteur de la rénovation – au détriment du bâtiment neuf. Ce pronostic est donc particulièrement encourageant pour le dispositif des CEE. En outre, Thierry Salomon, président de l’association négaWatt, a souligné la pertinence de travailler sur le long-terme et de faire en sorte que chacun se sente concerné par le défi environnemental car en effet « il est difficile de dire au président de la République ‘engagez-vous dans la transition énergétique’ alors qu’on en verra peu les effets avant 2020 ».

Un projet de dimension européenne

La démarche française s’inscrit dans une optique plus large. En effet, l’Union Européenne a lancé son Paquet énergie-climat 2030 en annonçant le 27 mars 2013 le début des consultations publiques. Ce « ring de boxe », comme GreenPeace l’a désigné, durera jusqu’au 2 juillet 2013 et permettra de recueillir les avis et positions des Etats, des entreprises et des ONG en vue de la rédaction d’un Livre Vert.

Si l’on a eu « 20-20-20 pour 2020 », on n’aura pas « 30-30-30 pour 2030 » car cela serait « trop simpliste » et nettement insuffisant à l’aune des objectifs pour 2050 (90 à 95% d’émissions en moins), souligne la commissaire au Climat Connie Hedegaard. Parmi les objectifs notoires, l’Union Européenne devrait réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et de 80 à 95% d’ici à 2050.

La force du débat sur la transition énergétique réside donc dans l’intervention d’acteurs aux échelles locale, nationale mais aussi européenne – autant d’éléments nécessaires afin d’impulser une dynamique à long-terme.

Le succès de sa politique de rénovation énergétique permet à l’Allemagne de se positionner aux côtés de la France comme acteur-clé de cette politique énergétique. Le projet-pilote « Maisons efficaces » (Effizienzhäuser) lancé en 2003 par la Deutsche Energie Agentur (DENA) a permis la rénovation de plus de 350 immeubles d’habitations en fonction de normes très élevées. Cela a conduit à une amélioration de la consommation énergétique à hauteur de 76% en la faisant passer de 223 à 54 kWh/m² par an. Ce modèle, davantage axé sur l’incitation que sur le respect de normes contraignantes, pourrait servir d’exemple pour la politique énergétique française et le dispositif des CEE.

En tant qu’EcoPartner et spécialiste de l’efficacité énergétique, GEO PLC travaille chaque jour à la réalisation de cette ambition : Nous sommes un opérateur de la Transition Energétique.