La résolution du paquet énergie-climat 2030 a été votée par le Parlement européen, celle-ci intègre trois objectifs contraignants

Mercredi 5 février 2014, le Parlement européen a voté la résolution pour le cadre 2030 de la politique climatique et énergétique de l’UE en séance pleinière. Celle-ci intègre trois objectifs contraignants, à commencer par une réduction de 40% des gaz à effet de serre, une part de 30% d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie et un gain d’efficacité de 40%. Parallèlement, les eurodéputés fustigent la position de la Commission européenne, perçue comme étant « à courte vue », présenté le 22 janvier, son paquet énergie-climat affichait deux objectifs contraignants, l’un sur la réduction des GES (gaz à effet de serre) de 40% et l’autre « contraignant à l’échelle de l’UE » d’au moins 27% d’EnR (énergies renouvelables).

 

La résolution a été votée à 341 pour, 263 contre et 26 abstentions, elle est restée inchangée depuis la présentation qui en avait été faite par les commissions de l’environnement et de l’industrie dans laquelle figurait déjà les trois objectifs contraignants. Toutefois, elle diffère de la proposition de la Commission européenne, présentée le 22 janvier dernier dans son paquet énergie-climat 2030 qui, celle-ci, n’intègre pas d’objectifs d’efficacité énergétique.

 

Le paquet 2020 affiche trois objectifs de 20%, de réduction des émissions de GES, de part d’énergies renouvelables et de gain d’efficacité énergétique, seuls les deux premiers sont contraignants. L’Agence européenne de l’environnement estime dans son bilan que l’Europe est « sur la bonne voie » en ce qui concerne l’atteinte de ses objectifs d’économies d’énergie. À l’avenir, le défi résidera dans la division par quatre des émissions de GES d’ici à 2050.

 

Mathias Groote, président de la commission de l’environnement du Parlement européen se dit « très satisfait du résultat du vote », néanmoins, il ajoute « en politique, il faut sortir des sentiers battus. C’est ça la volonté politique. Et la Commission, une fois de plus, s’est montrée incapable de s’emparer sérieusement du sujet ».

 

La délégation socialiste française au Parlement européen a fortement critiqué le parti pris par la Commission européenne « Tempête au Parlement européen contre les propositions de la Commission européenne en matière de climat et d’énergie ». À l’évocation du sujet, Gilles Pargneaux s’emporte « Beaucoup de mots et de papier pour finalement pas grand chose ! sans une position européenne claire et forte, je ne vois pas comment nous pourrons convaincre l’ensemble des pays de la planète de limiter juridiquement leurs émissions de gaz à effet de serre lors de la conférence de Paris en 2015 ».

 

Plusieurs détracteurs d’un éventuel accord international sur le climat contraignant pour tous veulent attendre la tenue de la 21e conférence des parties (COP) à Paris avant de l’entériner « Adopter ces objectifs avant la conférence de Paris est une erreur » affirme l’eurodéputé polonais Konrad Szymanski. Ce dernier considère que le doublement de l’objectif  de réduction de GES après 2020 « n’est pas réaliste ». Quant aux objectifs contraignants sur les renouvelables et sur l’efficacité énergétique, ce dernier insiste « des objectifs contraignants (…) ne sont pas des points d’accord flexibles ».

 

Enfin, l’ONG Greenpeace salue cette prise de position, parlant d’ « un signal fort » envoyé par le Parlement européen aux États membres, incitant ces derniers à approuver ces trois objectif contraignants.

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