Rénovation énergétique des copropriétés : quelle marche à suivre ?

L’incitation des copropriétés aux travaux de rénovation énergétique constitue le défi que tente de relever le groupe de travail mis en place par l’association Apogée. Ce dernier s’est fixé un axe central de réflexion « La rénovation énergétique des bâtiments est déjà au cœur de l’action du Gouvernement et du Plan Bâtiment Durable, (PBD) il n’en reste pas moins essentiel aujourd’hui d’enclencher une vraie mise en mouvement des copropriétés et d’engager un certain nombre d’actions de sensibilisation et de formation »

Pour l’accomplissement de cette problématique, le groupe de travail a identifié trois objectifs majeurs, à commencer par la réunion et la fédération des divers acteurs concernés. Concrètement il s’agit des fédérations, telles que la FNAIM ou l’UNIS, des syndics, entre autres Foncia, Nexity, Loiselet, etc, des agences, en particulier l’ADEME, l’ANAH et l’ANIL. Sans oublier les experts, les architectes, les bureaux d’études, les banquiers, les contrôleurs techniques, les ingénieurs-conseils, les entreprises, les artisans et les conseils juridiques et financiers.

Le second objectif repose sur la favorisation de leurs collaborations et de leurs travaux conjoints, en liaison avec le PBD. Enfin, le troisième réside dans la mise en mouvement des copropriétés, principales intéressées, en cohérence avec la formation des syndics et conseils syndicaux afin de véhiculer des messages relatifs à la concrétisation d’actions de rénovation énergétique. Ce dernier devrait favoriser les prises de décisions communes en assemblée générale.

Jérôme Dauchez, co-président du Groupe Rénovation énergétique des copropriétés et membre de l’UNIS (Union des syndicats de l’immobilier) estime que le premier obstacle à la rénovation énergétique des copropriétés s’avère être le manque de motivation des propriétaires « Aujourd’hui, les propriétaires, qui vivent en copropriété dans des immeubles anciens, n’ont pas forcément l’intention, à court ou moyen terme, de réaliser des travaux dans leur bâtiment, même si ces travaux engendreront des économies d’énergie ».

Ainsi, il espère que la mise en œuvre de ce groupe de travail permettra d’aboutir à l’élaboration de nouveaux réflexes et leviers à même de concrétiser les travaux de rénovation énergétique. Ce groupe devrait bientôt évoluer et abandonner sa forme d’entité individuelle au profit de sous-groupes organisés autour des différentes étapes de la rénovation, ce qui déboucherait sur un accompagnement mutuel des acteurs concernés.

Pour un bon accomplissement des travaux de rénovation, il apparaît comme nécessaire de faire travailler syndic et bureau d’études conjointement, particulièrement dans l’analyse et la détermination du planning des interventions. D’autre part, il devrait pouvoir consulter le maître d’œuvre ainsi que les acteurs du second œuvre et faire en sorte que les organismes financiers puissent assurer un suivi de la mise en œuvre.

Ce nouveau groupe de travail (le huitième au total) est co-présidé par Hervé Lasseigne, président du groupe DEIA-Ascaudit et par Jérôme Dauchez, cité précédemment. Cette initiative a été particulièrement bien accueillie par le Plan Bâtiment Durable et par Philippe Pelletier, son président, qui a assuré au passage que « le bon moment est arrivé pour lancer le sujet et mobiliser toutes les énergies (…) Nous souhaitons que 2014 ne soit pas l’année de nouvelle études ou de nouveaux rapports, mais l’année de l’action, avec tous les outils qui sont maintenant en place ».

Plusieurs actions seront bientôt entreprises par le groupe de travail d’Apogée, en premier lieu, la réalisation d’un inventaire d’actions de sensibilisation et de formation à la rénovation énergétique des copropriétés. Celle-ci s’achèvera par une évaluation initiale faite en considération des objectifs préalablement arrêtés.

Puis viendra l’examen des actions entreprises par les différents acteurs, des collectivités aux conseils généraux et régionaux en passant par les travaux du club de l’amélioration de l’habitat, des services publics de l’efficacité énergétique jusqu’aux départements, etc.

S’ensuivra une analyse des forces et faiblesses des actions réalisées qui débouchera sur l’élaboration d’un programme de formation des syndics à la rénovation énergétique des copropriétés. L’intérêt de cette formation réside en ce qu’elle sera continuellement enrichie par les travaux du groupe (outils de simulations, cahier des charges, …) elle devrait durer un jour et sera régulièrement alimentée en contenu récent et concret.

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