Le rapport de l’Ademe intitulé Les chiffres clés du Bâtiment 2013 montre qu’il faut accroître nos efforts en terme de rénovation

Dans son rapport Les chiffres clés du Bâtiment 2013, l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) relève une perte de vitesse des travaux de maîtrise de l’énergie. En effet, ceux-ci représentaient 12,1% des travaux dédiés à l’entretien-rénovation des logements en 2012, contre 12,8% en 2011. À noter que la plupart des interventions, près de 70%, concernent l’isolation du bâti, plus précisément la pose de doubles-vitrages, qui représente à elle seule 24% des travaux.

Au sujet des types de travaux engagés par les ménages, l’Ademe identifie deux groupes, le plus conséquent reste celui des travaux d’isolation sur le bâti, qui représente 70%, soit plus des deux tiers. L’autre groupe concerne les travaux d’amélioration du système de chauffage et représente 30% des travaux réalisés par les ménages.

Ainsi en 2012, les travaux sur le bâti avaient été marqués par une légère hausse, ce qui peut s’apparenter à la hausse des travaux d’isolation, tels que les toitures, les combles où encore les murs. À l’inverse, la baisse des changements ou poses de volets se maintient, quant aux autres travaux, le niveau reste inchangé. Concernant le chauffage, il s’agit essentiellement d’une première installation ou d’un remplacement de chaudière, qui représente 11%. Parallèlement, l’installation d’un système de chauffage ou d’eau chaude sanitaire à énergie renouvelable (solaire ou bois), voire de pompes à chaleur affiche une baisse continue, au même titre que les travaux sur les radiateurs.

L’évolution des types de travaux révèle une progression des travaux sur le bâti dédiés à la diminution des déperditions, ceux-ci sont passés de 66% en 2011 à 70% en 2012. Ce qui s’est répercuté sur l’ensemble chauffage/ eau chaude/ ventilation, le double vitrage, qu’il soit avec ou sans changement de fenêtre recule d’un point, soit 24% des travaux déclarés. Par ailleurs, le changement de volets régresse d’un point et se stabilise à 6% en 2012, l’isolation des murs, des sols et des toits progresse de 5 points, s’établissant à 32%. Enfin, l’amélioration du chauffage présente une diminution de 5 points et se stabilise à 16%.

Une partie du rapport est consacrée à l’évolution du nombre de ménages ayant réalisé des travaux de maîtrise de l’énergie. Sans surprise, la conjoncture marquée par la crise économique a impacté le passage à l’acte en 2012. Ainsi, la proportion de ménages ayant réalisé des travaux s’élevait à 12,8% en 2011 contre 12,1% en 2012. L’isolation du bâti constitue 70% des interventions, particulièrement la pose de doubles-vitrages, qui représente 24%.

L’Ademe s’est aussi penchée sur les coûts moyens TTC investis dans chaque intervention de travaux de maîtrise de l’énergie. La dépense moyenne par ménage, de même que le coût moyen d’une intervention avaient été marqués par un pic en 2009, avec respectivement 4900 € et 3600 €. En 2011, ils avaient affiché une certaine hausse, inférieure à celle de 2009 mais représentant environ 4500 € pour les dépenses moyennes par ménage et 3350 € par coût moyen d’intervention. Enfin en 2012, les deux foyers affichaient une légère régression, avec respectivement 4359 € et 3250 €.

Le chapitre suivant aborde les types de financement utilisés pour les travaux de rénovation énergétique. On observe qu’en 2011, le réflexe le plus fréquent était celui du recours aux finances personnelles, ce qui concernait 73% des ménages sondés, ceci suivi d’une hausse du recours à l’épargne allant de pair avec les crédits bancaires, soit près de trois points. Néanmoins, plus le coût des travaux est élevé, plus la part assurée par le prêt bancaire est importante, en effet en 2011, elle représentait près de 45% du montant engagé dans des travaux supérieurs à 15000 €. Au sujet des dispositifs d’aides octroyés par l’État, 52% des ménages s’étant engagés dans des travaux de rénovation énergétique ont bénéficié, où étaient désireux de bénéficier du crédit d’impôt développement durable (CIDD) en 2011, contre environ 57% en 2010. Toutefois, les réductions des taux liés au renforcement des niveaux d’exigence afin de prétendre à cette aide justifient la diminution du recours au CIDD. Le recours à l’Éco-PTZ, mis en œuvre en 2009 demeure résolument insuffisant avec moins de 5% des ménages en ayant bénéficié.

Pour revenir au CIDD, l’Ademe a étudié les achats et travaux envisagés grâce au crédit d’impôt, le premier poste de travaux concerne les matériaux d’isolation thermique avec 37%. Ensuite, les équipements d’énergie renouvelable viennent en seconde position avec 11%, puis viennent les chaudières à condensation, avec 7%, la régulation du chauffage avec 4% et enfin les pompes à chaleur avec 3%.

Le rapport pointe également les raisons principales pour la réalisation des travaux, en 2012 la réduction de la facture énergétique arrivait en première position avec 34%, ce qui constituait une diminution par rapport à 2011, qui affichait 37%. Outre le critère économique, l’amélioration de la qualité thermique du bâti reste le second critère de motivation pour la réalisation de travaux. Cependant on note une hausse d’un point par rapport à 2011, ce qui équivaut à 28% contre 29% en 2012, soit une progression de ce facteur par rapport à celui de l’amélioration du confort.

L’avant dernier thème abordé par l’Ademe est celui des deux incitations les plus importantes pour la réalisation de travaux, qui révèle une réticence des ménages à s’endetter pour la réalisation de travaux de maîtrise de l’énergie. Paradoxalement, les aides publiques que sont la TVA à taux réduit et le CIDD semblent avoir un pouvoir incitatif non-négligeable. Mais le manque de visibilité sur l’avenir de ces aides et leur corrélation avec le nombre de travaux réalisés par les ménages semblent en freiner plus d’un. Ainsi, le CIDD affiche une perte de neuf points de 2011 à 2012, avec respectivement 27% contre 18%, le recours aux entreprises en vue de réaliser des travaux baisse d’un point, de 15% à 14%. Enfin, l’incitation de la TVA à taux réduit recule de 5 points et passe donc de 15% à 10%.

Le dernier aspect examiné par l’Ademe concerne l’efficacité des moyens d’information sur les travaux de maîtrise de l’énergie. L’agence relève qu’en 2012, ce sont la visite à domicile et le fait de se rendre sur place qui remportent l’adhésion des ménages, avec respectivement 88% et 90%. Internet occupe la troisième position, à 67%, tandis que le téléphone (81%) et le courrier (74%) sont boudés par les ménages. Il est donc évident que les ménages ayant réalisé des travaux ou désireux de le faire préfèrent le contact humain aux moyens d’information à distance.

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