Le défi de la transition énergétique ne pourra être relevé que collectivement

Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable fortement impliqué dans le chantier de la transition énergétique s’est enthousiasmé des mesures annoncées par les ministres du Logement et de l’Écologie. Avocat de profession, ce dernier a gagné le respect de l’ensemble de la filière du bâtiment et milite pour la création d’un organisme collectif, à même de mutualiser et concrétiser l’ensemble des propositions tendant vers la performance énergétique.

Le président du Plan Bâtiment Durable a réaffirmé son attachement à l’objectif de rénovation des 500 000 logements par an d’ici 2017. Il se dit enchanté de l’engagement de la nouvelle équipe gouvernementale envers la concrétisation du plan de performance énergétique des logements.

Au sujet de l’objectif de rénovation, celui-ci plaide pour l’adoption d’une autre méthode, celle de donner la priorité aux arbitrages nécessaires. Rappelons que Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie s’était engagée sur la question de la rénovation énergétique des bâtiments, en faisant l’une de ses quatre mesures phares.

Lors de sa récente prise de parole, la ministre du Logement et de l’Égalité des Territoires, Cécile Duflot avait dévoilé sa feuille de route et avait insisté sur l’importance de procéder à une simplification de l’éco-prêt à taux zéro. En effet, ce prêt avait rencontré un accueil positif des ménages lors de son annonce mais a depuis, pâti de la lenteur et des complexités liées à son instruction. Lors de son allocution, la ministre avait affirmé que l’éco-prêt « pourrait connaître davantage de succès pour financer la rénovation énergétique si les banques étaient déchargées de la responsabilité de vérifier » l’éligibilité des travaux engagés au dispositif.

De telles propositions avaient déjà été formulées par la filière et plébiscitées, soumettant la possibilité de déléguer l’instruction des demandes de prêt aux entreprises labellisées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), voire à un tiers-vérificateur. Cette annonce a évidemment réjoui l’ensemble des acteurs concernés par la transition énergétique.

À noter que l’éco-PTZ est ouvert à une ou plusieurs actions de rénovation énergétique et constitue donc un formidable levier pour les ménages. Par ailleurs, cette prise de position a motivé la mise en œuvre d’autres financements innovants, notamment des opérations de tiers-financement. Toutefois, celles-ci demeurent trop isolées pour pouvoir succéder à l’éco-PTZ ou au CIDD (Crédit d’impôt développement durable), concernant ces financements P. Pelletier appelle à ne pas les opposer aux aides existantes, « ils sont complémentaires ! ».

À l’approche de la mise en place du principe d’éco-conditionnalité combiné à la simplification de l’éco-PTZ, certains tablent déjà sur une redynamisation du marché de la rénovation énergétique. De l’application du principe d’éco-conditionnalité résultera l’exclusivité pour les professionnels titulaires de la mention RGE, des travaux de rénovation énergétique financés par les aides publiques. Le président du Plan Bâtiment Durable a tenu à féliciter les filières professionnelles et le gouvernement pour leur implication dans l’élaboration de l’éco-conditionnalité.

Malgré la mauvaise publicité due au rapport de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, il est important de se souvenir qu’il s’agit des balbutiements du dispositif RGE qui doit aboutir à une transformation complète de la filière bâtiment. La mention RGE ainsi que l’éco-conditionnalité ont pour vocation de redorer le blason des travaux de rénovation à l’égard des ménages. Ainsi malgré un démarrage assez laborieux, le dispositif RGE est avant tout source de progrès et de croissance, il doit donc être soutenu au plan national comme local.

C’est donc naturellement que Ségolène Royal a mis l’accent sur l’aspect local de la transition énergétique, tendance qui s’inscrit dans les avancées du Plan Bâtiment Durable. En effet, depuis fin 2012 plusieurs partenariats ont été passés avec des conseils régionaux dans le cadre du Plan, qui font écho aux mesures déjà entreprises par des acteurs locaux. Pour ces derniers, il s’agit d’instaurer le même esprit de mobilisation et de réseau qu’au niveau national, un objectif dont l’atteinte requiert une plus grande autonomie des territoires. Le temps est à présent celui de la coordination pour un fonctionnement collectif afin de relever le défi de la transition énergétique.

Le marché de la rénovation ne pourra se dynamiser que si l’on parvient à simplifier l’information de la demande et à structurer la filière. Ainsi, Philippe Pelletier s’interroge sur l’opportunité qui consisterait à instaurer un organisme collectif fonctionnant sur la base d’un cahier des charges élaboré par l’administration. Un organisme étant à même de promouvoir des mesures telles que la carte vitale du logement ou l’émergence des plates-formes de la rénovation en vue de rationaliser l’offre et de guider les ménages sur la voie de la transition énergétique

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