Une réforme du système énergétique européen équivaudrait à une économie de 81 milliards d’euros par an à l’horizon 2030

Le cabinet de conseil Accenture a réalisé une enquête pour le compte d’Eurelectric, rendue publique le lundi 2 juin dernier et intitulée « S’engager pour une transition énergétique européenne durable et efficace ». Celle-ci révèle qu’ « une réforme du système énergétique européen pourrait réduire les dépenses d’énergie de 27 à 81 milliards d’euros chaque année d’ici à 2030 ».

Par ailleurs, Accenture a relevé que les dépenses consacrées à l’électricité et au gaz se sont envolées, passant de 450 milliards d’euros en 2008 à 532 milliards en 2012, ajoutant que « la facture totale pourrait grimper de 50% à l’horizon 2030 (…) faute d’un effort concerté ». Une conjoncture à mettre sur le compte de « l’absence d’un marché européen unique de l’énergie » ainsi qu’ « à la baisse plus lente que prévue du coût de certaines nouvelles technologies énergétiques et au déploiement moins rapide qu’escompté des mesures d’efficacité énergétique »

Cette étude a été réalisée à destination de l’union des professionnels de l’énergie électrique en Europe, à ce sujet celle-ci poursuit « Notre étude montre que, moyennant la mise en place de politiques adaptées afin de remédier à la situation actuelle, la transition énergétique pourrait faire économiser à chaque citoyen européen plus d’une centaine d’euros par an ». Cette étude met en lumière la nécessité de bâtir un marché européen unique de l’énergie, cette absence est en grande partie responsable de cet état de fait.

Le coût de certaines technologies énergétiques est également à mettre en cause, de même que la lenteur avec laquelle s’est fait le déploiement de certaines mesures d’efficacité énergétique rappelle Accenture France. D’autre part, le cabinet insiste sur le fait que « si les différents acteurs reconnaissent l’impact majeur de la croissance des dépenses d’énergie sur les ménages et les entreprises en Europe (…) il existe encore un décalage considérable entre la prise de conscience et le passage à l’acte ».

Ainsi, une réforme en profondeur du système européen permettrait une économie de 27 à 81 milliards d’euros par an d’ici 2030. Cette mesure reposerait sur quatre leviers que sont l’optimisation des systèmes d’énergie renouvelable, la gestion intelligente du réseau, l’amélioration de la demande et de l’efficacité et enfin l’intégration du marché de l’énergie.

Parallèlement à cela, il s’agirait d’optimiser les systèmes d’énergie renouvelable, une mesure qui permettrait de dégager 20 milliards d’euros d’économies par an. Ces coupes budgétaires seraient envisageables par le biais de « l’implantation des nouvelles capacités sur les sites les mieux exposés en terme d’ensoleillement et de vent ». Cette mesure passerait par une « harmonisation nécessaire des dispositifs nationaux de soutien » combinée à« une intégration progressive des énergies renouvelables au marché de l’électricité, ainsi que par un partage global des objectifs fixés en matière d’énergie renouvelables à travers l’Europe ». Quant aux aides publiques, le rapport préconise de mettre en place « un mécanisme tarifaire efficace de prise en compte des émissions de CO2 » qui « pourrait graduellement remplacer les subventions publiques ».

Pour revenir sur la question de l’intégration du marché, celle-ci déboucherait sur une économie de 27 milliards d’euros chaque année, avec des applications telles que « le trading, le transport d’énergie et l’interconnexion transfrontalière accrue des infrastructures ».

Concernant le réseau, une gestion optimisée équivaudrait à une économie de 15 milliards d’euros, Accenture considère que « la solution consiste à passer à un mode de gestion active du système, dans lequel la capacité, la demande et la performance des infrastructures sont gérées à distance et davantage en temps réel, au moyen de solutions smart grid et de technologies analytiques avancées ». Parallèlement à ça l’étude révèle que l’ « amélioration de la gestion dynamique de la demande et de l’efficacité énergétique permettrait d’économiser jusqu’à 20 milliards d’euros ».

Elle conclue sur l’importance de « lever progressivement les obstacles à l’efficacité énergétique », ce qui « permettrait d’offrir aux consommateurs des moyens plus simples et économiques pour réduire leur consommation d’énergie ». Ces moyens reposeraient sur l’émergence de nouveaux outils, tels que « des compteurs intelligents ou à d’autres équipements installés dans la maison du consommateur final ». Voire même l’accompagnement des « opérateurs dans le développement de nouveaux modèles économiques et de partenariats commerciaux susceptibles de favoriser une meilleure gestion de l’énergie ».

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