Lancement du programme de rénovation thermique à Paris, d’une ampleur sans précédent en France

Mercredi 17 septembre, à l’occasion d’une conférence de presse à l’Hôtel de Ville, François Dagnaud, maire PS du XIXe, Célia Blauel, chargée de l’environnement, ainsi que Ian Brossat, adjoint au logement à la Ville de Paris, ont annoncé le lancement de l’OPATB 19 (Opération Programmée d’Amélioration Thermique des Bâtiments du XIXe). Jamais une opération de rénovation thermique d’une telle envergure n’avait vu le jour en France jusqu’à maintenant.

En effet, le XIXe arrondissement regroupe 185 000 habitants répartis dans les 55 000 logements privés, eux-mêmes disséminés dans les 2613 immeubles d’influence et d’époque diverses, du pavillon à l’immeuble haussmannien en passant par les tours des années 70. Un lancement qui enthousiasme les trois auteurs de cette opération:

« C’est la première fois qu’une opération de cette nature est menée à l’échelle d’un arrondissement »

Célia Blauel, chargée de l’environnement précise d’ailleurs la portée de ce projet, autre que celle de revêtir le caractère d’opération sans précédent:

« L’idée c’est d’aller chercher les copropriétaires et de les accompagner jusqu’au vote des travaux de rénovation thermique puis de superviser leur réalisation »

Ainsi, autre que la volonté de rénovation matérielle du bâti, cette opération vise une implication et une démarche personnelle de la part des copropriétaires, dans laquelle il seront accompagnés et épaulés par les pouvoirs publics.

C’est donc le 30 septembre prochain que se tiendra la première réunion publique sur le sujet destinée aux copropriétaires de l’arrondissement. La Ville de Paris recevra les dossiers de candidature jusqu’au 31 janvier 2020.

Une fois passée l’épreuve de la sélection des candidatures, les dossiers retenus bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pendant 6 ans.

En ce qui concerne le financement des travaux de rénovation, les propriétaires bénéficiant de revenus modestes pourront être subventionnés jusqu’à 80% du montant HT des travaux. Délivrées par l’Anah (Agence nationale de l’habitat) et la Ville de Paris, ces subventions seront assorties d’une condition: que les travaux permettent un gain minimum de 25% de consommation d’énergie primaire.

Deux « subventions exceptionnelles » ont été mises en place par la Ville de Paris, l’une en faveur des copropriétés désirant faire isoler thermiquement le bâtiment par l’extérieur de leur façade ainsi que leur toiture. Celle-ci s’élèvera à 20% du montant HT des travaux, toutefois plafonnée à 2000 euros par logement.

L’autre est dédiée à des actions telles que des travaux de végétalisation des façades et des toits, des aménagements pour le compostage ou le tri sélectif, voire de création d’emplacements réservés aux vélos. Cette fois-ci fixée à 50% du montant hors-taxe des travaux, mais limitée à 5000 euros par immeuble.

Mais l’ambition de ses auteurs ne se limite pas au XIXe, en témoignent les propos de Célia Blauel:

« Cette opération dans le XIXe, à l’échelle d’un arrondissement, intervient après des opérations à l’échelle de quartiers dans le XIIIe, puis autour de la République. Nous passons donc à l’échelle supérieure. L’étape suivante c’est l’ensemble de Paris. »