GreenUnivers : Face à la crise des CEE, GEO FRANCE renforce son capital

GreenUnivers publie un article sur le positionnement de GEO PLC face à la crise des CEE et à l’augmentation de son capital.

Aux mêmes maux, des remèdes différents. Face à l’effondrement du cours des certificats d’économies d’énergie (CEE), CertiNergy place son activité dédiée en procédure de sauvegarde, alors que son concurrent GEO France, qui exploite la marque GEO PLC (Partager la croissance), augmente son capital de 3,5 M€ pour affronter la crise et accélérer sa diversification.

Pour GEO France, la priorité, c’est d’abord de rassurer ses clients et partenaires face aux secousses du marché, qui ont provoqué déjà plusieurs faillites (CertEco, Audit Energie…). D’où la publication – inhabituelle pour l’entreprise – de résultats semestriels, avec l’annonce d’un CA de 37,8 M€ au premier semestre 2015 pour un résultat net de 543 000 euros. « Les difficultés sur le marché des CEE suscitent beaucoup d’inquiétudes, il est important de montrer que nous sommes dans le vert », confirme Hugues Sartre, le responsable des affaires publiques.

Pour autant, la société n’est pas épargnée par le chute du cours des CEE sur le marché spot, tombé à moins de 2 euros ces dernières semaines.

« Nous avions anticipé dès 2013 l’inéluctable baisse des cours en raison de l’inadéquation entre l’offre et la demande, poursuit Hugues Sartre. Mais la chute de 40% sur les six derniers mois est vraiment sévère ».

GEO France a pris le taureau par les cornes en renégociant à la baisse les primes versées à ses clients. « C’est un travail ingrat mais nous n’avions pas le choix », reconnaît Hugues Sartre. C’est cette difficulté à renégocier des contrats devenus trop généreux qui a poussé CertiNergy à opter pour une procédure de sauvegarde.

GEO France, qui emploie actuellement 110 salariés, devrait aussi réduire son effectif pour s’adapter à la nouvelle donne.« Nous sommes pragmatiques : certains modèles d’affaires sur le marché des CEE ne sont plus rentables et doivent être abandonnés, poursuit Hugues Sartre sans plus de précisions, mais d’autres segments sont porteurs comme celui des CEE pour l’industrie ou le tertiaire, tous deux en forte progression ».

La société a aussi reporté l’ouverture de filiales en Europe de l’Est, prévue initialement cette année. « Le marché français a nécessité beaucoup plus d’attentions, notre déploiement à l’international aura plutôt lieu en 2016 », indique le responsable des affaires publiques.

Le groupe cherche d’autres relais de croissance et c’est pour cela qu’il vient de procéder à une augmentation de capital de 3,5 M€ auprès de son actionnaire historique et président, Christophe Février. La Scaped, la branche pétrole d’Intermarché, qui détient 33% du capital, n’a pas participé.

S’il ne croit pas à un relèvement du volume des CEE pour la 3ème période (fixé à 700 TWh cumac entre 2015-2017), demandé par de nombreux acteurs pour rétablir l’équilibre l’offre/demande, le groupe regarde du côté du nouveau segment des CEE pour la précarité énergétique, une innovation apportée par la loi de transition énergétique avec l’objectif pour le moins ambitieux – voire irréaliste – de réaliser 250 TWh cumac en 2016/2017. Le ministère de l’Ecologie doit encore préciser les modalités dans les prochains jours.

GEO France est aussi à l’affût de possibilités de croissance externe. « La concentration du marché est inévitable, nous voulons en être un acteur », lance son représentant. Plusieurs opérations ont déjà eu lieu, comme le rachat de Copeo, passé dans le giron de Vos Travaux Eco en juillet.

L’entreprise compte enfin poursuivre sa diversification sectorielle, en poussant son activité bureau d’études lancée dès 2013 sous la marque GEO Energie & Services.

Article de Patricia Laurent paru dans GreenUnivers le 8 septembre 2015.

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