CEE : l’obligation de la quatrième période inatteignable ?

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CEE : Six mois après le début de la 4ème période du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie les objectifs semblent inatteignables. Décryptage.

La quatrième période du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie a commencé le 1er janvier 2018 pour une durée de trois ans. Les objectifs à réaliser sont doublés par rapport à la précédente période : 1600 Térawattheures cumac (TWhc), dont 400 TWhc au bénéfice des ménages en situation de précarité énergétique.

Six mois après le début de la 4ème période (P4), le constat est pessimiste. La tâche va être ardue pour les obligés (EDF, TOTAL, ENGIE, SIPLEC, SCAPED ou encore AUCHAN et PRIMAGAZ) et les délégataires comme GEO PLC. Les objectifs semblent inatteignables. Les chiffres parus dans la lettre d’information de la DGEC des mois de mai et juin ne rassurent pas malgré une obligation déjà atteinte au prorata mensuel de l’objectif total (105% pour les Certificats d’Économies d’Énergie « classiques » et 255% pour les CEE précarité). Un leurre !

En effet, le volume de CEE produit mensuellement permettra d’atteindre en 2018 environ 150 TWhc. Soit 37% de l’objectif annuel (400 TWhc). Il manquera ainsi 250 TWhc qui devront être économisés en 2019 et 2020.

Pour les CEE précarité, les volumes de CEE produits en 2018, devrait atteindre 150 TWhc, soit 117% de l’objectif annuel. Toutefois ces volumes sont majoritairement composés de la distribution d’ampoules LED. Les derniers dossiers ont été déposés mi 2018. Les volumes vont logiquement fortement diminuer puisque l’opération est terminée depuis le 31 décembre 2017 (évolution de la fiche d’opération standardisée BAR-EQ-111 ; les critères d’éligibilité des ampoules à LED rendent désormais la gratuité impossible) et que le gisement du secteur des ampoules LED a été largement exploité. Les LEDS ne pourront donc plus compenser le manque de CEE délivrés.

 

Un rythme de dépôt des CEE classique et précarité faible

Les chiffres du mois de mai confirment effectivement un rythme de délivrance de CEE classique trop faible : 8 TWhc « classiques » délivrés contre 33 TWhc d’objectifs théoriques (1 200 TWhc divisés par 36 mois). Concernant les CEE « précarité », les résultats paraissent positifs : 13,8 TWhc délivrés contre 11 TWhc d’objectifs théoriques. Mais ils ne suffiront pas à combler la cible des CEE classiques.

Autre source d’inquiétude : la hausse du prix SPOT du CEE. La pénurie est déjà anticipée, le prix a doublé en moins d’un an ! Les conséquences de cette inflation sont doubles : un risque pour les délégataires d’avoir du mal à proposer un tarif accessible des CEE aux obligés, et un coût exorbitant pour les obligés additionné d’une crainte amplifiée de payer des pénalités[1].

Les chantiers de la 4ème période du dispositif des CEE

C’est ainsi la gorge serrée qu’une course effrénée vers la production des CEE s’opère avec en ligne de mire : l’espoir au vote du budget 2019 de plus grandes ressources pour la délivrance des Certificats d’Économies d’Énergie et de dénicher de nouveaux gisements d’économies d’énergie. En attendant, chacun doit redoubler d’efforts et miser sur des secteurs plus porteurs.

La rénovation énergétique, en premier lieu dans le résidentiel, portée par des opérations comme l’isolation de combles perdus ou aménagés avec l’offre MesComblesGratuits.fr de GEO PLC. Il apparait en effet que l’isolation des combles représente 28,8 % des CEE délivrés (précarité) en juin 2018. Autre vivier d’économies d’énergie : l’isolation de réseaux d’eau chaude sanitaire et de chauffage comme le propose la solution MonCalorifugeageGratuit.fr.

Enfin, les économies d’énergie dans les secteurs tertiaires et industriels apparaitront comme un grand champ de bataille. Affaire à suivre.

 

[1] 1,5 centime d’euros / kWh cumac non économisé pour l’obligation classique et précarité pour la P4.