La France mauvaise élève selon les 1ers résultats de l’Observatoire Climat-Énergie

Observatoire Climat Energie

Le Réseau Action Climat et le CLER – Réseau pour la transition énergétique ont lancé le 13 septembre 2018 l’Observatoire Climat-Énergie. Cet outil de suivi et d’évaluation des résultats climatiques et énergétiques de la France dresse un premier état des lieux trois ans après le vote de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte. Le constat est négatif : « Les chiffres 2017 sont préoccupants : sur neuf indicateurs du tableau de bord, huit sont « dans le rouge ». Ces données confirment qu’un sursaut est nécessaire ! », dixit Anne Bringault de l’ONG Réseau Action Climat.

Emission globale GES

Le site internet se veut pédagogique et illustre les écarts entre les objectifs et le réalisé à l’aide de graphiques en courbes. Il sera mis à jour régulièrement selon les nouvelles données disponibles. L’ambition étant d’« être étendu à d’autres pays européens et/ou à un suivi au niveau régional (en lien avec les objectifs qui seront actés dans les SRADDET) », poursuit Anne Bringault.

L’observatoire Climat-Energie propose ainsi un accès au travers de deux axes : « climat », avec les indicateurs de la SNBC, et « énergie » avec les indicateurs de la PPE. Rappelons que la France s’est engagée à réduire de 27% ses émissions à l’horizon 2028 par rapport à 2013, et de 75% d’ici à 2050. Ainsi, parmi les résultats mis en exergue, le chiffre global des émissions de gaz à effet de serre augmente entre 2016 et 2017. Elles dépassent le budget carbone de la France pour 2017 de 6,7%. L’Observatoire détaille ensuite secteur par secteur : transports (+10,6%), déchets (-12,5%), nucléaire (+2,7%), énergies renouvelables (-12,8%)…

Il apparait ainsi que les émissions globales de GES du secteur agriculture en France semblent sur la bonne voie avec +3,2% par rapport à l’objectif 2017. Seul le secteur industriel tire son épingle du jeu avec -0,8%.

Statistique des logements du parc privé rénové : grande absente de l’ Observatoire Climat-Énergie

Emission globale GES batiment

Cet état des lieux présente néanmoins des manquements. Faute de chiffres sur le nombre de rénovations annuelles en fonction du type de travaux, les données ne sont pour le moment pas accessibles. Elles sont pourtant plus que nécessaires pour une meilleure visibilité et un suivi. Le nombre de rénovations dans le cadre du programme pour les ménages les plus modestes « Habiter Mieux » de l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah) traduit néanmoins des objectifs en dessous de ceux fixés : -47,7% en 2017. L’absence de statistiques des logements du parc privé rénovés peut ainsi expliquer en partie la constante hausse depuis 2014 des émissions de GES pour le secteur du bâtiment fixé à +22,7% selon l’Observatoire.

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